Calendrier des Pompiers 2019 (Partie 1)

Cette année j’ai eu le plaisir de réaliser le shoot pour le Calendrier des Pompiers 2019. C’est Michaël (le grand monsieur que vous allez voir sur la plupart des photos) qui m’en a donné l’occasion.
On avait un délai très court pour réunir les pompiers volontaires pour les photos. La tâche n’est pas facile puisque tout le monde n’est pas disponible ni très à l’aise à l’idée de poser devant l’objectif. Il a fallu aussi trouver une date pour les faire en restant dans les délais impartis. En effet, après avoir pris les photos, il s’agit de les post-traiter, de les envoyer pour validation, de les remettre à l’imprimeur avec bon nombre d’autres infos en plus des instructions de montage. À l’heure où j’écris cet article, la validation de la maquette est toujours en cours. Une fois faite cette dernière sera envoyée à l’impression. Et quoiqu’il arrive, le calendrier devra être imprimé et prêt à être distribué cet hiver.
43 000 exemplaires sont prévus chaque année pour être distribués dans tout le département de la Haute-Vienne.

Les pompiers sont actuellement en conflit avec leur direction par colère contre la politique managériale et l’absence de dialogue social au sein du SDIS 87. 
Mais l’édition du calendrier est une chose importante pour eux car elle représente leurs étrennes. Celles-ci leur servent à faire vivre l’amicale des pompiers présente dans chaque caserne du département. Alors malgré le mouvement de grève, j’ai été accueillie agréablement au sein de la caserne et parmi ces professionnels.
Ce projet me tenait également à cœur pour l’estime que j’ai envers cette profession. Il me semble avoir visité une caserne étant enfant quand je vivais encore à Paris. C’est une belle vocation que je respecte beaucoup.

 

Voilà Michaël

 

J’avais noté sur un carnet le déroulement de la séance afin de ne pas perdre le fil. Pris soin de détailler mon set lumière pour chaque photo, le nombre de personnes qui devaient y figurer, l’idée et l’ambiance que je souhaitais matérialiser. Mais je me suis laissé une marge pour un peu de spontanéité si jamais les conditions de la prise de vue n’étaient pas optimales et que je devais changer d’idée.

Sur le premier set j’avais besoin qu’un groupe de pompiers se place sur une bute face à la caserne et de ma machine à fumée. On a utilisé trois rallonges électriques afin de pouvoir traverser la rue avec. Je pense qu’à l’occasion je m’offrirai un groupe électrogène portatif comme pour les chantiers afin de résoudre ce problème.
Forte de ma dernière expérience avec Chris et les motos, j’avais aussi demandé à Michaël de tenir ma lumière.

Je commence donc à prendre des photos et je réalise, au bout d’un certain temps quand même, que j’ai oublié de monter mes émetteurs/récepteurs pour le flash… Petit aller-retour à ma voiture pour récupérer tout ça et les monter. Bien sûr il fallait redescendre ma softbox de sa perche et démonter mon flash, puis tout remonter…

On poursuit et je demande à Gilles d’envoyer la fumée. Pas de fumée… (jingle de la loose).
Il se trouve que je n’avais pas mis en chauffe la machine comme je le pensais. On a dû patienter avec mes excuses en fond sonore.
Entre temps Laurence, mon amie et assistante du jour est arrivée ce qui nous a permis de parler d’autre chose que mes oublis. Mais le soleil commençait à s’élever et il ne nous restait plus beaucoup de temps pour avoir l’ambiance que je voulais. On a finalement réussi à faire ma photo, même si la machine à fumée nous a créé quelques ennuis de recyclage.

Durant cette prise de vue, je n’ai aussi eu d’autre choix que me placer au milieu de la route, j’avais un peu peur de me faire renverser par un bus mais il faut savoir donner de sa personne pour un travail réussi.

 

Plus tard on prenait le temps d’un café/thé en attendant que les protagonistes se réunissent pour le prochain set.
Michaël m’a demandé régulièrement ce dont j’avais besoin pour m’aider à tout installer. Il s’agissait de déplacer des véhicules, de chercher les personnes qu’il me fallait pour la photo, de mettre les lumières et réflecteurs en place.
Tout le monde a été vraiment très gentil et serviable et a mis la main à la pâte pour que l’ensemble de la séance photo se passe bien.

Il fallait aussi jongler avec l’emploi de temps de chacun car certains étaient attendus ailleurs. Alors j’ai pris les premières photos avec ceux qui devaient partir rapidement.

C’était vraiment super de travailler au sein de la caserne, d’avoir autant de mouvement autour de moi, de rencontrer tous ces gens aux profils différents et de découvrir un petit peu, la vie à la caserne. Dans la matinée une voiture de police est passée. Un policier demandait si le chien assis à côté de lui appartenait à l’un des pompiers. Il se trouvait que non, bien que le chien d’un des pompiers était présent et que je crevais d’envie d’aller lui faire mille câlins. Mais je m’égare.

Pour cette photo je voulais impérativement une femme en duo avec un homme. Harmonie a bien voulu poser pour moi. Précédemment elle m’avait aidé à envoyer la fumée sur une prise de vue et à tenir le très très grand réflecteur pendant que Laurence était perchée sur le pied de la softbox veillant à ce qu’elle ne soit pas balayée par le vent. A cette occasion j’ai pu grimper dans la cabine pour lui montrer ce que j’attendais d’elle. L’air de rien j’étais comme une gosse qui montait dans un camion de pompier, j’étais super contente.

 

 Photo de Laurence Lavollée

 

Le soleil tapait fort il a fallu installer un diffuseur à la hauteur du pare-brise pour filtrer la lumière. J’ai demandé à Mohamed de le tenir en hauteur. Il y avait beaucoup de vent et mon cadre est très très grand. J’ai disposé mon flash à l’opposé pour déboucher les ombres sur les visages de Harmonie et Jérémy. Pendant que je testais la lumière ils pouvaient se détendre un peu. Voir arriver une photographe dans la caserne, ne pas la connaître et être dirigés pour poser devant les collègues n’a pas dû être facile pour eux, ça a donné lieu à des blagues bien sûr mais j’ai réussi à avoir un peu de sérieux aux moments clés.

Le temps que tout le monde se prépare pour la prochaine photo, je faisais un tour pour prendre quelques photos plus personnelles, notamment de ce camion que je trouve magnifique. Il a un air vintage et sous cette lumière il me fait penser aux trucks américains sur la route 66. Mais je regarde peut-être trop de films.

J’ai laissé traîner pas mal de mon bazar au milieu de la cour. C’était à mi chemin de tous les endroits où je prenais les photos. La seconde softbox était par terre pour éviter la chute à cause d’un malheureux coup de vent. Et la machine à fumée est restée branchée pour éviter un autre incident comme celui de la première photo… Tout le monde s’affairait à la tâche, les pompiers qui devaient poser se changeaient, Michaël et David amenaient et rangeaient le matériel… 

Photo de Laurence Lavollée

Petit briefing avant la photo de groupe. Il y avait beaucoup à penser. Tous ont enfilé leur tenue d’intervention incendie. Je voulais les casques, les gants, la totale.
Je dois dire que pour cette photo ils ont fait preuve d’une patience incroyable dans la mesure où j’ai eu un vrai gros souci avec mes flashs! Ma lumière principale fonctionnait sur émetteur mais ma lumière secondaire en réponse avec le premier flash, sauf qu’il ne le captait pas. J’ai passé peut-être 20 minutes si ce n’est plus, à tenter de tout faire fonctionner ensemble, j’ai prononcé quelques gros mots… J’étais vraiment ultra gênée par ce contre-temps technique car tout le monde était installé depuis un bout de temps déjà. C’était horrible. On en est arrivés à ce qu’ils me disent quand ça fonctionnait de quand ça ne fonctionnait pas, ça me fait rire maintenant mais sur le moment c’était terriblement embarrassant. Enfin j’aurai appris beaucoup de choses sur cette séance. En définitive, j’ai trouvé une solution et on a pu continuer. Je solutionnerai le problème définitivement en m’équipant d’autres récepteurs.

Aux pompiers qui ont participé et qui liront ce billet, UN GRAND MERCI pour votre patience. Vraiment!

Il était temps de faire le point sur les photos qu’il restait à faire, le temps et les effectifs qu’il nous restait. Michaël a su me mettre à l’aise sur ce gros projet que j’appréhendais beaucoup même si j’étais vraiment très excitée de le réaliser. 

On a mis en place 14 sets en tout pour construire le calendrier. J’avais prévu de faire ça sur deux jours, mais il a fallu faire en fonction des disponibilités de tout le monde bien sûr. Et on a réussi à tout faire sur une matinée. J’aurai vraiment adoré pouvoir prendre un peu plus mon temps et prendre d’autres photos comme des détails et tester d’autres choses. Peut-être que je pourrai revenir à l’occasion.

J’ai le sentiment que cet article est incomplet du fait de ne pas pouvoir encore vous dévoiler les photos finales. J‘écrirai un second article pour vous en dire un peu plus sur chaque prise de vue. J’aurai d’autres anecdotes à vous partager.

Il faudra donc patienter jusqu’en Novembre ou Décembre, avant de découvrir les photos que j’ai faites. Je suis la première à être impatiente de voir le résultat sur papier.

J’aimerai avoir plein d’autres projets similaires. J’étais très anxieuse à l’idée de réaliser ce shooting. D’une part parce qu’il est important pour les pompiers mais aussi pour moi, d’autre part parce que j’allais débarquer dans une caserne au beau milieu de plein de grands gaillards. J’avais peur des problèmes techniques (pour le coup j’ai été servie), de mal diriger la séance, de louper totalement mes photos… J’avoue qu’après coup je me dis que j’aurai pu encore mieux faire, je ne suis jamais satisfaite de mes photos ou très rarement. Mais l’expérience était tellement grisante que je le referai volontiers dans l’espoir de m’améliorer et de partager encore et encore.

Je suis très reconnaissante du temps qu’ils m’ont tous accordé, de leur accueil, de leur gentillesse. Merci à tous.