Calendrier des pompiers 2019 (Partie 2)

Comme promis voilà la seconde partie de l’article consacré à ma séance photo avec les pompiers de Haute-Vienne. Ça a été dur pour moi de patienter autant pour vous montrer ces photos! Ce billet sera consacré à des explications orientées photo puisque le premier était davantage sur le côté humain. Si vous n’êtes pas intéressés je vous invite à passer votre chemin 😉

À l’occasion de cette édition j’avais imaginé un univers cinématographique: ces films ou séries sur lesquelles vous pouvez mettre « pause » et vous avez une belle image.  J’ai donc créé et post-traité mes images dans ce but. Michaël était partant pour cette idée, on a donc mis en place un listing des photos à réaliser et de ce qu’il nous faudrait pour accessoiriser. 

Pour cette photographie de couverture j’ai utilisé une machine à fumée placée sur la droite et demandé à Harmonie de la disperser à coup de réflecteur. Ma lumière était placée à gauche dans une grande octobox de 120 cm positionnée à 45 degrés et mon flash était réglé à sa puissance moyenne afin de préserver la lumière ambiante. J’ai orienté la box de façon à ce que la lumière frappe non seulement mes modèles mais aussi légèrement l’avant du camion. Laurence était montée sur le pied du flash pour éviter que tout se renverse avec le vent.

J’ai travaillé toute la matinée avec un objectif fixe de 50 mm, mon préféré avec le 80 car ils préservent tout deux une vision humaine sans trop déformer les perspectives.

Je voulais une ambiance un peu « dramatique » j’ai donc sous-exposé mon fond et compensé avec le flash sur les garçons. J’ai demandé à ce que les phares des camions soient allumés pour accentuer cet effet et créer des faisceaux de lumière à travers la fumée.
J’ai demandé aux pompiers de se placer côte à côte de façon naturelle pour eux puis rectifié légèrement leur position pour optimiser ma prise de vue. Puis  je leur ai dit de prendre une attitude « badass » pour accentuer l’effet affiche de film. C’était drôle à faire et les garçons se sont bien prêtés au jeu, ils sont restés très sérieux (ou presque) jusqu’à la fin de la prise.

Cette photo a été simple à mettre en place. L’arrière du camion est cool et je voulais l’intégrer. J’ai juste demandé à ce qu’on place un casque d’intervention pour accessoiriser un peu plus la scène. Je me suis placée quasiment face au soleil pour accentuer le flare et pour l’utiliser aussi comme rim light. J’ai placé mon octobox sur la droite à 45 degrés avec une puissance de flash moyenne juste pour déboucher les ombres et donner un éclat dans les yeux de Boris.

Le soleil tapait de plus en plus fort. Il a fallu demander à deux gars de tenir un très grand diffuseur en hauteur, près du pare-brise, pour atténuer les ombres que la lumière dure créait sur les visages de Jérémy et Harmonie.

Mon octobox à droite, toujours à 45 degrés, j’ai exposé pour mon fond pour ne pas cramer le ciel et compensé sur mes deux modèles avec le flash au 3/4 de sa puissance.

Je souhaitais qu’Harmonie soit au volant dans une position confiante et que Jéremy ne monte qu’à moitié sur le côté du camion pour donner du dynamisme à la scène. Je voulais qu’il regarde au loin de façon très sérieuse mais des trublions le distrayait et il peinait à garder l’expression.

Comme je l’ai décris dans mon précédent article, cette prise de vue a été laborieuse. Problèmes d’émetteurs, de flash, de machine à fumée…
Je voulais la lumière du levé de soleil combinée au flash.  Je l’ai réglé au 3/4 de sa puissance et placé à 45 degrés à droite de mes modèles. L’octobox était tenue par Michaël à cause du vent mais aussi parce que je ne pouvais faire autrement que la placer sur la pente. Pour ce type de prestations je fais en sorte d’être accompagnée d’assistants pour m’aider. Cette fois-ci c’était Laurence qui était présente ainsi que les pompiers qui n’étaient pas en train d’être photographiés.

Avec le vent, la difficulté était de maintenir une certaine densité dans la fumée, de faire en sorte qu’elle n’envahisse pas toute la composition et qu’elle ne passe pas entre les garçons et l’objectif.

Comme pour la photo de couverture, je leur ai demandé de se placer de la manière la plus naturelle pour eux et j’ai rectifié ce qui ne marchait pas. Après quelques essais, je les ai encore fait se déplacer car avec les deux sources de lumière, les uns faisaient de l’ombre aux autres et je voulais que tout le monde soit bien visible.

Ce cliché de Gilles a été super cool à faire parce que je trouve que le monsieur a « une gueule ». Je lui expliquais qu’il fallait qu’il se mette en situation où il s’apprêtait à intervenir sur un gros accident et qu’il lui fallait rassembler toute sa concentration avant de partir.

Le vestiaire est exigû, ça n’a pas été simple d’installer mon set lumière dans cette configuration.
J’ai utilisé deux flashs, mon octobox de 120 cm derrière moi légèrement à droite placée à 45 degrés et une seconde de 80 cm sans diffuseur. Cette dernière m’a servi de back light et je l’ai placée presque face à moi pour créer du flare. Mes deux flashs étaient à moitié de leur puissance. Le sol en carrelage clair a fait office de réflecteur pour déboucher les ombres sous le visage de mon modèle.

À ma première visite de la caserne, j’avais trouvé que ces vestiaires, ces caisses et le sol  étaient photogéniques. Ces messieurs avaient pas mal de spectateurs pourtant une fois installés ils sont restés concentrés.

J’ai branché ma machine à fumée pour donner un aspect légèrement smoky à la scène, placé l’octobox de 80 cm à droite des vestiaires en effleurement avec le flash a son minimum juste pour les mettre un peu plus en valeur. La box de 120 à gauche à 45 degrés. Comme à mon habitude pour donner un aspect plus dramatique j’ai sous-exposé mon fond et compensé sur les gars au flash à moitié de sa puissance.

Comme je prend toujours le temps de créer mon image, de faire mes réglages et ne mitraille jamais, mes modèles ont pu discuter et rigoler avec les collègues en patientant et ont été plus détendus, c’est à ce moment là que j’ai déclenché.

À partir d’un certain temps, les gens ont besoin d’une pose, à ce moment là je leur dis de se relâcher et je fais quelques réglages tout en les observant du coin de l’œil. Une fois qu’ils m’ont oublié ils adoptent des postures qui leur sont propres et leurs traits se détendent. Si je vois quelque chose qui me plaît je leur demande de tenir la pose et prend mes photos.

Tel que je l’ai écris dans la partie 1, le déroulement de cette prise a été tragique. Rien ne semblait vouloir fonctionner normalement avec mes flashs. Au delà de ça, je cherchais à ce que chaque personne adopte une pose qui lui était propre tout en gardant une cohésion dans le groupe. Avec les uniformes la cohésion pourrait sembler évidente mais si on regarde le cliché, on sent que tous ont conscience de l’autre et se sont placés en fonction de l’espace qui leur était accordé dans le groupe ce qui donne une unité. Mais à l’inverse si on découpait chaque personne sur l’image, cela ferait une bon portrait individuel. 

J’ai volontairement voulu laisser l’endroit dans son jus car le but était évidemment de mettre les pompiers en valeur mais aussi leur environnement de travail.

Question technique la plus grande box était placée à gauche, très, très haut à 45 degrés pour exposer les pompiers dans l’escaliers, mais ceux dans le coin bas droit restaient dans l’ombre j’ai alors disposé la petite box à droite en effleurement à 45 degrés aussi.

Cette image là est le fruit de photos prises sur le vif alors que les garçons se préparaient pour le prochain set. Elle sort du lot puisque sur toutes les autres j’avais demandé aux pompiers du sérieux.

La règle des tiers est respectée et les camions en arrière-plan composent le décor. Lors de portraits en studio le fond importe peu dans la mesure où il n’est là que pour laisser plus de place au sujet. Au cours d’un portrait environnemental, lorsque je souhaite raconter une histoire, je m’attache à garder les éléments contextuels autrement mes images n’ont pas de sens.
Côté lumière, Olivier était à l’ombre du bâtiment de droite ce qui ne créait pas de lumière parasite et dessinait des ombres très douces. La réflexion du soleil sur le bâtiment opposé a donné juste la petite touche de lumière qu’il fallait pour mettre en valeur son visage.

J’ai gardé la même configuration de lumière que sur le set de Gilles si ce n’est que je me suis éloignée davantage.

Je voulais une photo préparation, plus dans l’action. Tom (au fond) a gardé la pose du « mettage » de veste un sacré moment, mais continuait de bouger pour que cela semble réel. Sylvie quant à elle avait commencé à mettre sa botte gauche, mais elle me tournait le dos, je lui ai demandé de s’occuper de l’autre pied pour dégager davantage son corps. Loïc lui était trop tourné vers moi et cachait complètement Sylvie, je lui ai conseillé de s’orienter vers Tom pour qu’ils apparaissent bien tous les trois sur la ligne de fuite.
Pour l’occasion j’ai demandé à ce qu’on agrémente davantage le vestiaire avec des vestes et des casques pour donner un peu plus de vie à la photo.

J’ai demandé à Laurence de tenir la petite octobox en bas à droite des escaliers et très en hauteur pour donner ce halo de lumière dans la fumée, la grande box était placée derrière moi sur la gauche à 45 degrés en effleurement sur Loïc.
J’ai encore sous-exposé mon fond pour l’aspect dramatique et laissé volontairement les deux personnes plus haut dans l’ombre pour garder une profondeur et mettre en valeur Loïc. Les flashs donnent un petit éclat sur le métal ce qui accentue l’aspect industriel des locaux. 

Les collègues faisaient les pitres derrière moi et déconcentraient mon modèle, j’ai pris plusieurs photos sur lesquelles il sourit mais pour préserver le ton du calendrier, j’ai choisi celle-ci ou il apparaît plus sérieux.

J’ai sollicité mes 3 modèles à faire un pas sur les marches au moment où je déclenchais pour simuler du mouvement et que leur posture paraisse plus naturelle.

J’avais repéré cette citerne à ma première visite et dis à Michaël que je prendrai sans doute des photos ici. La lumière du matin était vraiment jolie et je voulais en profiter.
J’ai demandé à Olivier et David d’apporter un peu d’équipement pour la photo et de ne pas regarder l’objectif. Je voulais une image comme prise sur le vif même si tout était calculé. Je me suis mise totalement à plat ventre et fais plusieurs prises. Mon octobox était à gauche à 45 degrés, le flash à moyenne puissance pour conserver le maximum de lumière naturelle et suffisamment pour compenser le rayon de soleil qui passait à ma droite devant l’objectif qui aurait causé un voile non voulu.

Un portrait comme j’ai l’habitude d’en faire, de Michaël. Il a été pris après la séance de groupe dans les escaliers tant qu’il avait sa tenue d’intervention. Je l’ai invité à se placer devant le mur en métal parce que j’aimais les lignes horizontales qui le parcourent. Elles donnent un rythme.

Octobox à 45 degrés sur la gauche, j’ai sous-exposé un maximum le fond pour qu’on se concentre uniquement sur lui. Les yeux sur la ligne des tiers, le visage centré, j’aime ces compositions très simples mais efficaces pour instiller une tension façon thriller.

On voit deux éclats dans ses yeux. L’un provenant du flash, l’autre de la porte du hangar qui n’était pas voulu mais qui s’est avéré un heureux accident puisque ça instille encore plus de lumière dans son regard.

J’ai installé deux sets pour Sylvie, mais les photos du premier ne convenaient pas on s’est donc accordé à en préparer un autre. J’aimais l’idée de la hache, et que ce soit elle qui la tienne car dans l’inconscient collectif c’est un outil masculin. J’étais contente de pouvoir photographier des femmes pompiers trop peu représentées en général.

Pour cette photo je n’ai utilisé aucun flash car étant à ras-le-sol la manipulation de l’octobox aurait été compliquée. J’ai utilisé un réflecteur argenté que Laurence et moi avons manipulé avec prudence car en plein soleil la réflexion est aveuglante et peut être dangereuse. J’ai également porté mes lunettes noires car les rayons qui passait à travers la lentille aurait pu endommager mes yeux. Je l’ai placé au sol à gauche afin qu’il éclaire les trois modèles et j’étais moi-même à plat ventre.

Les garçons avaient beaucoup de mal à garder leur sérieux, à part peut-être Mohamed qui avait l’air d’y mettre tout son cœur. Encore une fois je leur ai demandé de réellement faire des pompes pour voir la crispation naturelle des muscles du corps et du visage. Comme tout groupe, ils se sont lancés dans l’exercice ensemble et s’étaient donc synchronisés. J’ai attendu le moment où je pouvais voir chaque visage pour déclencher.

J’ai sous-exposé pour la réverbération du soleil sur le sol qui était très forte et aurait fait disparaître ses détails.

Pour cette dernière photo qui figure comme 4 ème de couverture je voulais absolument ce symbole mythique des pompiers (ou de Ghostbusters). Je me suis placée à l’étage pour faire ma prise de vue. Au rez-de-chaussée à droite, ma grande octobox pour compenser le manque de lumière entrante puis j’ai demandé à Dominique de simuler une sortie en s’avançant d’un pas et en bougeant les épaules et les bras au moment du déclenchement.

J’ai pu participer l’élaboration de ce calendrier et l’ai eu en main il y a 3 ou 4 semaines déjà. Je n’ai pas pu suivre de près l’impression et je regrette que certaines photos aient été dénaturées. C’est pourquoi je vous les partage ici aussi pour que vous voyiez le vrai résultat ;-).

Je suis vraiment ravie d’avoir pu travailler sur ce calendrier 2019 et rencontrer toutes ces personnes. Je les remercie encore chaleureusement pour leur coopération, leur gentillesse et leur accueil.